PROGRAMMATION AUTISME MONTÉRÉGIE – PRINTEMPS 2022

C’est avec un grand enthousiasme que l’équipe d’Autisme Montérégie vous fait parvenir sa Programmation hiver/printemps 2022. À sa lecture, vous aurez une vue d’ensemble des activités prévues pour répondre aux besoins des personnes autistes, des parents, de la fratrie, de la famille élargie et des intervenants de la Montérégie, que ce soit en mode virtuel et/ou en présentiel.

De plus, ne manquez pas le cadeau que vous offre Autisme Montérégie pour amorcer 2022, soit la conférence/témoignage Camouflage social comme stratégie d’adaptation : à quel prix qui se tiendra EN DIRECT SUR FACEBOOK le 21 janvier prochain de 19 h à 20 h. D’abord destiné aux personnes autistes, mais aussi à ses proches, aux intervenants et au public en général, cet événement est présenté par Annyck Martin, écrivaine et doctorante en études et pratiques des arts.

En plus de donner une plus grande force de représentation à l’organisme, être membre, pour aussi peu que 20 $, comporte plusieurs avantages. Parmi ceux-ci, notons les différents groupes d’échange et de soutien qui sont offerts gratuitement aux membres. De plus, nos soirées témoignages dans le cadre du mois de l’autisme sont proposées à des prix exclusifs, sans oublier les différentes activités pour les enfants, les adolescents et les adultes autistes, ainsi que leur famille. Difficile de passer à côté de ces offres!

VACCINATION DES USAGERS EN RESSOURCE ET À DOMICILE

Enfin, une annonce porteuse d’espoir ce jeudi 22 avril

Après des mois de montées d’espoir suivies de creux de désespoir, les personnes handicapées auront enfin accès à la vaccination sans attendre leur groupe d’âge. En effet, le ministre Christian Dubé vient de confirmer que les malades chroniques d’abord, et ensuite les personnes handicapées demeurant à domicile seront vaccinées « en priorité ». Les adultes ayant une déficience intellectuelle ou de l’autisme pourront eux prendre un rendez-vous à partir du 28 avril prochain et leur parent pourra être vacciné en même temps qu’eux, au cours du mois de mai selon les plages disponibles.

Mais… rappelons que malgré l’annonce du MSSS, en date du 19 mars dernier, de prioriser la vaccination des usagers en ressources ayant une déficience intellectuelle ou de l’autisme, la majorité de ceux-ci ne sont toujours pas vaccinés en Montérégie. Ils devraient l’être entre le 25 avril et le 19 mai selon les informations reçues par le comité.

Un rappel du parcours pour y arriver enfin

Après le reportage de Davide Gentile et le plaidoyer des deux mamans de notre comité qui ont défendu publiquement la cause de tous nos usagers sans voix, isolés dans leur ressource, suivi du témoignage émouvant de Josée Legault qui s’occupe chez elle de sa sœur, nous croyions y être enfin arrivés.  Vous aviez dû vous réjouir comme nous de la décision ministérielle annonçant enfin leur vaccination prochaine.

Dans notre dernière Infolettre, nous vous disions vivre « dans l’espoir qu’aucune embûche ne retardera encore la vaccination de ces usagers toujours lourdement confinés. »  Mais les jours et les semaines se suivaient sans autre nouvelle à ce sujet. Nous avons demandé une rencontre avec le Directeur des programmes déficiences, monsieur Jean-Marc Ricard, et sa directrice adjointe Annie Couture, pour faire le point sur la situation. Nous les remercions d’avoir acquiescé à notre demande aussi rapidement et de nous avoir permis de comprendre ces délais.

Les raisons des délais pour la vaccination de nos usagers en ressources

Nous retenons de cette rencontre que l’annonce du MSSS n’avait été suivie d’aucune Directive de vaccination, contrairement à ce qui se passait depuis le début de la pandémie, les directives se succédant l’une après l’autre pour préciser le détail des mesures à mettre en place. De plus, la suspension en avril du vaccin AstraZeneca a retardé la mise en application des procédures prévues par l’établissement avec les CISSS de la Montérégie qui ont ainsi dû repenser leur planification.

Selon les informations reçues, la vaccination devait commencer par un premier groupe d’usagers présentant des défis plus particuliers hébergés en ressources intermédiaires (RI) et en résidences à assistance continue (RAC), en débutant par celles du territoire de la Montérégie-Ouest, suivies par celles de la Montérégie-Centre et de la Montérégie-Est. Pour le décalage entre les CISSS, on nous a donné comme raison le manque de vaccins.

Alors que l’annonce ministérielle nous laissait espérer que les usagers en ressources seraient vaccinés dès le mois d’avril, ces délais ont aussi retardé le début de la vaccination pour les usagers vivant en RTF (ressources de type familial) maintenant prévue entre la fin d’avril jusqu’au 19 mai, des plages horaires leur étant d’ores et déjà réservées. Les parents sont invités à accompagner leur fils ou leur fille, et certains ont reçu la confirmation de la date d’un rendez-vous pour la deuxième semaine de mai.

Selon le Directeur québécois de la vaccination, la vaccination des usagers de tout le Québec serait déjà complétée.

Lundi 19 avril, La Presse publiait un article rapportant une mise en demeure faite au gouvernement par un groupe de parents, dans lequel on peut lire que, selon monsieur Daniel Paré, le Directeur de la vaccination pour le Québec, la vaccination des 13 000 usagers ayant une déficience intellectuelle ou un trouble du spectre de l’autisme et résidant dans une ressource du réseau est maintenant complétée. Nous constatons que ce n’est pas le cas en Montérégie où cette opération devrait se terminer au cours du mois de mai, selon les projections de la Direction des programmes déficiences

Par ailleurs, le ministère vient de transmettre aux établissements des mesures de resserrement des conditions dans les ressources. Voir nos gars ou nos filles profiter du beau temps dans notre cour risque d’être encore retardé. Ce que nous ignorons, c’est la durée de ces mesures et si le ministère (ou la Santé publique) prévoit reporter jusqu’après la deuxième dose un élargissement de leur confinement, à cause des variants plus contagieux…

En attendant, nos usagers ne peuvent toujours pas faire un tour d’auto avec leurs parents qui se voient réduits à une visite dans leur ressource, dans leur chambre la plupart du temps. Et dans le même temps, ces usagers se déplacent pourtant en transport adapté (taxi, autobus) pour fréquenter leurs activités.

Et nos usagers vivant avec leur famille?

Comme le décrit la mère d’un jeune homme autiste fréquentant un plateau de travail : « Les risques, avec la montée des variants, commencent à être plus grands que les bénéfices qu’on en retire.  Selon le calendrier de vaccination, on est rendu à vacciner les milieux de travail à risques.  Si cela ne se définit pas comme milieu à risques, je ne suis pas sure quelle est leur définition.  J’ai vu les jeunes adultes là-bas qui ont de la misère à porter leurs masques et qui ne respectent pas la distanciation physique.  En plus, ils proviennent tous de bulles différentes.  L’incidence de transmission est élevée.  On sait que ces jeunes-là sont plus à risques de contracter la maladie et d’être plus malades… Par ailleurs, les intervenants sont vaccinés… ».

Nous craignions que la vaccination des usagers demeurant dans leur famille ne soit aussi retardée par ces délais. De plus, il faudrait s’assurer que la vaccination à domicile puisse être offerte, au besoin, à certains adultes incapables de faire face aux contraintes de la vaccination dans un milieux de masse: les personnes autistes, entre autres, sont particulièrement sensibles aux lieux inconnus, aux bruits et aux odeurs, à l’imprévisibilité des mouvements autour d’eux, à tout ce qui génère de l’anxiété. Ces caractéristiques sont reconnues depuis longtemps, entre autres pour l’accès au transport adapté.

La vaccination accessible aux personnes vulnérables… quelques questions

Monsieur Legault annonçait, il y a deux semaines, que les personnes ayant des maladies chroniques seraient de la prochaine cohorte… mais des restrictions majeures excluaient la plupart de ces personnes ainsi que les personnes handicapées puisqu’elles devaient être hospitalisées sinon requérir des suivis réguliers de leur médecin. Pourquoi ne pas reconnaître plus tôt les risques plus élevés pour les usagers ayant une déficience (intellectuelle, physique ou autre) comme l’ont fait déjà plusieurs pays? Pendant ce temps, plusieurs groupes réclamaient déjà la vaccination de la population en général…

En plus des usagers infectés ou décédés depuis le début de la pandémie, y compris parmi les nôtres, ne serait-il pas important de tenir compte de l’augmentation des demandes de « placement » en urgence? En Montérégie, il s’agirait d’une augmentation de 40% depuis le début de la pandémie, nous dit-on. Alors que le gouvernement fait tout pour maintenir les garderies ouvertes afin de préserver la santé mentale des parents de jeunes enfants, comment ignorer l’impact, sur la santé mentale des parents, de la surcharge imposée par la pandémie et de la crainte de la contagion pour un enfant-adulte qui ne peut respecter les consignes sanitaires, faute de les comprendre ?

Un petit rappel et une invitation: nous connaissons bien la situation des parents membres du comité qui se consacrent depuis le mois de janvier à faire avancer ce dossier, et nous remercions aussi les abonnés de notre Infolettre qui nous ont fait part de leurs réactions au fil de nos publications. Vos messages enrichissent notre compréhension des réalités vécues sur le terrain. N’hésitez donc pas à nous faire part de ce qui se passe de votre côté : nous vous lirons avec grand intérêt.

LA VACCINATION POUR NOS USAGERS QUI RÉSIDENT DANS LEUR FAMILLE

Vous avez suivi nos démarches qui ont précédé la décision du gouvernement de procéder à la vaccination des usagers ayant une déficience intellectuelle ou de l’autisme et vivant en ressources d’hébergement. Aux dernières nouvelles (vendredi le 26 mars) nous apprenions que les préparatifs vont bon train et que cette opération commencerait le premier avril, tel que décrété par le ministère de la Santé et des Services sociaux. Cependant, la nouvelle de la suspension du vaccin Astrazeneca semble avoir reporté le calendrier prévu. Nous vivons dans l’espoir qu’aucune embûche ne retardera encore la vaccination de ces usagers toujours lourdement confinés.

Cependant, les adultes ayant une déficience intellectuelle ou un trouble du spectre de l’autisme ne vivent pas tous en ressources. Et les membres du comité des usagers savent par expérience, comme le rappelait avec sensibilité Josée Legault dans son témoignage lors du reportage de Davide Gentile, la dernière année a représenté un parcours du combattant pour ces adultes et leurs parents ou fratrie. Activités de jour suspendues, diminuées ou inexistantes, ressources de répit et de loisirs restreintes pour s’ajuster aux consignes sanitaires, éducateurs délestés vers d’autres urgences…

Nous appuyons sans réserve les organismes provinciaux qui font valoir l’urgence de considérer la situation particulière des adultes handicapés qui attendent encore d’être vaccinés. Avec la même conviction déployée pour ceux qui vivent en ressource, notre comité considère que la situation de ces adultes ne représente pas « la même chose que pour tout le monde » comme nous l’avons entendu à quelques reprises. Non, ce n’est pas la même chose pour ces adultes plus fragiles et parmi lesquels plusieurs ne sont pas en mesure d’appliquer les mesures sanitaires pour se protéger du virus.

Ce n’est pas le lot de tout le monde, quand ta sœur, dont tu prends soin, panique à un tel point devant la Covid qu’elle refuse de mettre les pieds dehors depuis un an. Ou quand ton grand gars autiste ne peut plus supporter de rester dans la maison où son père, ses frères et sœurs sont en télétravail, et qu’il faut se promener avec lui dehors pendant des heures pour éviter les tensions familiales. Ou quand, à l’âge de 87 ans, tu dois encore t’occuper d’organiser des activités pour un fils trisomique de 61 ans qui tourne en rond dans la maison toute la journée parce qu’il est privé de ses amis par l’arrêt des loisirs et de son travail.

Ce genre de présence est généralement requis des parents pour leurs tout-petits, leurs enfants ou leurs ados, mais pas pour des adultes. À moins que ces adultes n’aient une déficience intellectuelle (dont la trisomie), de l’autisme, un trouble de santé mentale, ou une déficience physique invalidante… La société a fait un bout de chemin ces vingt dernières années, mais la pandémie risque-t-elle de faire reculer la solidarité au point que ces personnes ne puissent être reconnues comme plus vulnérables? Et le gouvernement décidera-t-il enfin de procéder à leur vaccination prochaine, autant pour leur protection que pour la santé mentale de leurs proches?

Dans la section Débats de La Presse + du mercredi 31 mars, le chroniqueur Alexandre Sirois soulignait que, selon le Dr Arruda, les autorités de santé publique prennent en considération tous les déterminants de la santé, dont ceux touchant la santé mentale. Espérons qu’elles reconnaîtront que la situation vécue par toutes ces personnes et leur famille « ne sont pas la même chose que tout le monde », mais une situation aggravée du fait de la vulnérabilité particulière d’un de leurs membres.

Nous poursuivrons nos démarches dans notre région et auprès des ministres concernés, en appui aux autres organismes qui représentent les personnes handicapées. En espérant que les bottines du ministre Christian Dubé suivront ses babines puisqu’il disait récemment qu’avec l’arrivée des vaccins, il pourra bientôt, tout en poursuivant la vaccination par tranches d’âge, vacciner en même temps et plus rapidement les personnes vulnérables, peu importe leur âge.

Entretemps, nous restons intéressés à savoir comment se déroule la vaccination des usagers résidant en ressource, censée commencer ce premier avril. Nous vous invitons à nous en donner des nouvelles, cela nous permettra de suivre la situation et de cibler nos interventions si nécessaire.

 

SEMAINE DE LA DÉFICIENCE INTELLECTUELLE

Dans le cadre de la semaine de la déficience intellectuelle nous vous présentons l’interview réalisée par Éric Latour de TVHR le 18 mars 2021.

Les invitées sont:

MANON BOUDRIAU
Parent et membre du comité des usagers de SRSOR du CISSS de la Montérégie-Ouest

ROXANE CLAUDE-POIRIER
Présidente, comité des usagers de SRSOR du CISSS de la Montérégie-Ouest